Survol
En activité depuis plus de 60 ans, Rio Tinto, Fer et Titane (RTFT), demeure en tête de file des producteurs de matières premières destinées à l'industrie du dioxyde de titane, de fonte, d'acier et de poudres métalliques de haute qualité. Sa capacité d'innover et de s'adapter aux changements l'a également conduite à développer de nouveaux produits et à se positionner avantageusement sur des marchés en croissance.
Ce bref historique rappelle quelques-uns des grands projets et événements qui ont marqué l'histoire de l'entreprise.
1946
Découverte du gisement
En 1856, des travaux de prospection signalent le potentiel minier de la région des îles de Mingan dans le secteur de la rivière Romaine. Toutefois, ce sont les travaux d'exploration menés en 1941 par le ministère des Mines du Québec qui confirment la présence d'ilménite dans cette région de la côte nord du Québec.
En juin 1946, après deux années de travaux intensifs, les forages effectués par Kennco Explorations, la filiale canadienne de Kennecott Copper, confirment la présence d'un gisement d'Ilménite massive dans la région du lac Allard, près d'un petit lac que l'on nommera le lac Tio. À 43 km au nord-est de Havre-Saint-Pierre, le plus important gisement d'ilménite massive au monde vient d'être découvert.
1948
Fondation de RTFT
Dès la découverte du gisement, les travaux d'arpentage débutent, et les premières tonnes de minerai sont extraites en vue d'essais pilotes menés par New Jersey Zinc, à Palmerton en Pennsylvanie. Kennecott Copper s'est en effet associée à cette entreprise pour son expertise en concentration de minerai. Le 24 août 1948, ce partenariat s'officialise par la création de Quebec Iron and Titanium Corporation qui deviendra plus tard QIT-Fer et Titane, et que l'on connait maintenant sous le nom de Rio Tinto, Fer et Titane.
Le projet de RTFT est ambitieux : produire de la fonte et de la matière première pour l'industrie du dioxyde de titane à partir du minerai d'ilménite. Il lui faudra près de trois ans pour développer un nouveau procédé de réduction à l'électricité, une première mondiale. RTFT sera non seulement la première entreprise à produire de la matière première pour l'industrie du dioxyde de titane à partir de l'ilménite massive, mais sera également à l'origine du procédé de recouvrement du fer dans l'ilménite.
1950
Le grand démarrage
En août 1950, le premier convoi de minerai arrive à Havre-Saint-Pierre. Pendant un mois, plus de 125 000 tonnes de minerai sont traitées à l'unité temporaire de concassage située au terminal. En septembre, le minéralier quitte Havre-Saint-Pierre avec son premier chargement d'ilménite à destination de Saint-Joseph-de-Sorel et, en octobre, la première coulée est effectuée au four de réduction.
Un nouveau défi est alors lancé : mettre au point le procédé. La période de rodage est longue et ardue. Explosion du métal en fusion, perte de produit à l'étape de fusion, inconstance de la granulométrie et de la qualité du produit sont au nombre des difficultés auxquelles la nouvelle entreprise est confrontée. Le travail est exigeant. La plupart des opérations s'effectuent à bras d'hommes, avec pelles et brouettes. Le chargement manuel du four doit être fait à une cadence calculée. Les opérations sont délicates et demandent attention et précision. Rapidement, un programme intensif de recherche est mis en place pour perfectionner le procédé.
1957
Une année de succès
En 1957, la persévérance et l'ingéniosité sont récompensées. Le procédé est au point. RTFT se voit décerner un certificat de mérite en génie chimique pour ce succès sans précédent. De plus, l'entreprise atteint son seuil de rentabilité. Les efforts pour maîtriser le procédé ne freinent pas les projets d'expansion. Durant les années 50, sept autres fours de réduction viennent progressivement s'ajouter au premier. La production de scorie de titane passe de 2 000 à 230 000 tonnes, et celle de la fonte, de 2 700 à 170 000 tonnes. L'entreprise développe aussi ses marchés. Les ventes de scorie de titane connaissent une croissance importante sur le marché américain, et les exportations de fonte augmentent de façon spectaculaire. Peu à peu, RTFT se bâtit une solide réputation et se distingue pour la qualité supérieure de ses produits.
1967
Innovation et expansion
Le 17 janvier 1966, sous la présidence d'honneur de Jean Lesage, premier ministre du Québec, RTFT annonce la construction d'un neuvième four, accompagnée d'un imposant programme d'expansion qui permettra d'accroître la production de 20 %. L'entreprise sera citée en exemple pour son importante contribution à l'exportation et son rôle de pionnière dans la transformation des ressources naturelles du Québec.
En mars 1967, le nouveau four entre en exploitation. Moderne et de capacité supérieure, il intègre une technologie avant-gardiste et hautement sophistiquée signée RTFT : le chargement assisté par ordinateur. L'avènement récent de l'ordinateur et l'ingéniosité du groupe de recherche seront en effet à l'origine de cette avancée technologique exceptionnelle. C'est également en 1967 que sera inauguré son Centre de recherche.
1968
Un nouveau marché, les poudres métalliques
En octobre 1968, Les Poudres Métalliques du Québec inaugure sa nouvelle usine. Établie sur le complexe métallurgique de RTFT, cette nouvelle usine s'approvisionne en fonte en fusion directement des fours de réduction, pour produire des poudres de fer qui servent à la fabrication de pièces métalliques. Il s'agit de la plus grande usine du genre, et de la première à utiliser de la fonte liquide. Le procédé est jugé avant-gardiste et l'usine impressionne par son équipement anti-pollution inusité à l'époque.
« Depuis les richesses naturelles jusqu'au produit fini, la Société Fer et Titane est un exemple presque parfait d'intégration à l'économie québécoise. » C'est en ces termes que Daniel Johnson, premier ministre du Québec, s'adresse aux journalistes et invités réunis le 8 janvier 1968 pour l'annonce de la construction de l'usine Les Poudres Métalliques du Québec.
1974
Modernisation et lutte contre la pollution
La demande pour les produits de RTFT est telle qu'un autre grand programme d'expansion se prépare. Mis en œuvre en 1974, le projet vise à hausser à plus d'un million de tonnes la capacité de production. Il intègre également un imposant volet de modernisation des équipements et de lutte contre la pollution. De nombreux projets d'amélioration, touchant toutes les unités de production tant au complexe métallurgique qu'à la mine, viennent en effet améliorer non seulement la performance des équipements, mais aussi les conditions de travail. L'accent est mis sur l'assainissement de l'air et la réduction du bruit. C'est le début du virage environnemental.
1985
Des fours plus performants
En 1985, s'amorce un vaste programme de modernisation des fours, qui s'étalera sur plus de dix ans. On augmente la puissance des fours de réduction tout en réduisant la consommation énergétique. Le système de chargement est amélioré, et la salle de contrôle modernisée. Les travaux de modernisation sont menés de pair avec un nouveau programme d'expansion qui permettra de hausser de près de 30 % la capacité de production. Plus de 240 millions de dollars sont investis dans cette phase de modernisation et d'expansion de l'usine de réduction.
1986
L'aciérie, un projet audacieux
C'est en octobre 1984 que RTFT annonce la construction de son aciérie, un projet audacieux qui requiert des investissements majeurs, de l'ordre de 154 millions de dollars. La nouvelle surprend car la conjoncture ne semble pas s'y prêter. Le marché des aciéries en Amérique du Nord est en perte de vitesse, et celui de la fonte est saturé. Néanmoins, forte de la conviction que l'acier constitue une valeur ajoutée à sa production de fonte, l'entreprise va de l'avant.
Deux ans et demi plus tard, soit en août 1986, c'est le démarrage de l'aciérie. Journée mémorable dans les annales de Fer et Titane, le 19 novembre 1986 on expédie les premiers lots de billettes d'acier chez un client. L'année suivante, l'unité des poudres d'acier voit le jour. L'entreprise part ainsi à la conquête du marché de l'acier, lequel contribue maintenant de façon importante à son chiffre d'affaires.
1996
UGS , un nouveau produit
Les années 90 débutent sur une note plutôt difficile. RTFT subit le contrecoup d'un marché en mutation et d'une conjoncture économique précaire. La demande de matières premières en dioxyde de titane des producteurs de pigment qui utilisent le procédé au sulfate plafonne alors qu'elle augmente pour le procédé au chlorure. RTFT se trouve écartée de ce marché en expansion, car son produit ne répond pas aux exigences de celui-ci. À cela s'ajoutent l'arrivée de concurrents de taille sur le marché du dioxyde de titane et la fermeture d'usines clientes à la suite du démantèlement de l'Union soviétique.
Devant cette situation, le Centre de recherche de RTFT intensifie ses efforts et met au point le procédé UGS. Grâce à ce procédé, RTFT peut produire une scorie plus concentrée, dont la teneur en dioxyde de titane est de 94,5 %, une qualité encore inégalée. L'usine ultramoderne UGS démarre en 1997. Résultat d'un investissement de 430 millions de dollars, le projet UGS est le plus grand chantier au Québec de 1996-1997.
Avec ce nouveau produit, RTFT part à la conquête d'un nouveau marché tout en maintenant une place de choix sur le marché traditionnel de la scorie de titane SORELSLAG®.
2005
Voir plus grand, voir plus loin
Un projet d'expansion d'UGS est amorcé. L'entreprise annonce l'exploitation minière à Madagascar. Quatre ans plus tard, le premier navire en provenance de Madagascar, chargé de 35 000 tonnes de minerai de sable malgache, arrive au terminal de Rio Tinto, Fer et Titane, le 11 juin 2009.
Pour recevoir de manière continue ce nouveau minerai, l'entreprise a investi 240 millions de dollars pour doubler sa longueur d'accostage. Elle a ajouté une troisième tour portuaire, des dômes d'entreposage et optimisé la capacité de son usine de réduction. RTFT qui produit déjà deux sortes de scories en ajoute donc une troisième destinée au marché en croissance du pigment produit par le procédé au chlore.
2009
Crise économique
Malgré tous les efforts consentis et les sommes investies, la conjoncture économique mondiale aura le dessus sur RTFT qui, pour la première fois de son histoire, cessera ses activités pour huit semaines à Sorel-Tracy, tout comme à Havre-Saint-Pierre.
2010
60 ans d'histoire
Depuis son ouverture en 1950, RTFT ne cesse de relever des défis et d'investir des centaines de millions de dollars.
Du passé au futur
Le génie humain occupe une place prépondérante dans la compagnie. Le savoir-faire des travailleurs demeure la clé des succès de l'entreprise.
Des milliers de personnes ont gagné leur vie à Fer et Titane et l'entreprise a gagné grâce à ces mêmes personnes.
Aujourd'hui, quatre grands défis sont au centre des décisions :
- La sécurité
- La main-d'œuvre et sa relève
- La santé financière
- La gestion de la performance
Ces défis marqueront le futur de Rio Tinto, Fer et Titane, pour encore quelques décennies!






